23 mai 2019

L'Antenne - Bulletin de liaison électronique - Fédération Française des Apiculteurs Professionnels

Vendredi 24 mai 2019


Pour information il n’y aura pas d’Antenne la semaine prochaine je serai en congés !
À dans 15 jours !


FFAPortrait

Ce mois-ci nous vous présentons Perrine Hautecoeur apicultrice à Izeron en Isère (38).

Ton exploitation

Je me suis installée en 2011, j’ai repris une exploitation production miel AB dans mon village suite à un départ à la retraite.
Je produis du miel, de la propolis, de la cire et du pollen. En parallèle je cultive également du thym et des piments fort.
J’ai un cheptel qui oscille entre 150 et 250 ruches. À quoi s’ajoute 0.86 ares en permaculture.
Je vis en remorque « tiny house » en autonomie.

Aujourd’hui où en es tu ?

Bâtiments

Je loue des locaux (environ 200m²) pour les labos extraction/conditionnement/stockage du miel, de la propolis avec une annexe pour le bureau et garage.
Un hangar (env 128m²) sur mon petit terrain agricole et rucher d’élevage.
Ce hangar divisé en 3
—  1/3 pépinière et séchage culture de piments forts
—  1/3 salle d’accueil sport/nature
—  1/3 atelier pour les ruches et annexe pour le greffage

Le Terrain

Je dispose de petites parcelles en rotation et permaculture composées qui accueillent les ruches essaims/éleveuses et les ruches souches, d’autres pour les cultures du thym et des piments.

Les objectifs du projet

Faire de mes parcelles un outil de sensibilisation accessible aux acteurs locaux, partager. (accueil de résidences artistiques et classe vertes, camps…)
La majorité de mes appros sont de la récup, tous les aménagements se font dans un but de garder de l’autonomie sur la ferme.

Mes circuits commerciaux :

1/3 vente directe (marchés, foires, boutique a la ferme et magasin de producteur)
1/3 vente demi gros magasin bio, petite et moyenne surface,
le reste entre internet et par fût (Ardèche)

Proximité et entraide

— Avec les maraîchers et les éleveurs mais aussi avec les transhumances des ruches des copains en « pluri-actifs » qui ne sont pas équipés. (Sur mon territoire une colonie qui reste en Juillet Août c’est un arrêt de mort)
—  Entraide avec un collègue en cours d’installation, sur les transhumances et l’élevage. (partage de nos bras et de nos souches ! ! !)
—  Les syndicats sont incontournables, je pense, dans la carrière d’un apiculteur, en cas de coup dur ou pas, je n’ai jamais regrettée d’être venue à une AG sauf les fois ou je n’ai pas pu me déplacer ;)
Je remercie au passage les copains apiculteurs de la FFAP et du SAPRA qui m’ont évité le pire quand mon camion s’est fait la malle il y a quelque temps
La pépinière d’essaims du SAPRA grâce aux travail de collègues j’ai pu bénéficier d’une vingtaine de colonies après une grosse perte de cheptel….
Des organismes techniques comme a l’ADARA, et l’ADABIO qui permettent des échanges et de s’ouvrir a d’autres méthodes que la sienne.

Quelles difficultés rencontres-tu actuellement dans ton exploitation ?

Là de suite c’est l’acacia ! ! ! ! ! ! Dans les ruches pas de miel de printemps ici le peu qui a été fait est directement auto-consommé par les abeilles. Pas d’acacia avec une grosse décente de sève, certains on même zappé la floraison. Catastrophe ? ? affaire en cours….
Sinon à part le Varroa et le Frelon le plus GROS SOUCI, l’épine qui devient branche, ici c’est l’intensification de la nuciculture, qui m’a obligé à déménager tout le cheptel d’élevage notamment pour éviter les pulvérisateurs de l’été et début septembre. (La miellée d’hivernage est importante mais selon les années il peut y avoir croisement avec les pulvérisateurs.)

Mais aussi et surtout quelles satisfactions t’apportent ce métier ?

Chaque année se suit mais ne se ressemble pas, de bonnes claques mais tout autant de belles aventures ! ! Des rencontres improbables, suivre le rythme des abeilles me convient.

Quels sont les points forts et les points faibles selon toi de ton contexte d’exploitation ? en termes de stratégie de production ainsi que de commercialisation.

Pour la production mon territoire a une diversité agréable, colza, pissenlit, acacia, tilleul, luzerne, châtaignier, lavande, montagne, lierre, etc. Sans aller trop loin on peut faire une gamme sympa.
Je suis en bio, pour valoriser au maximum tous les produits de la ruche que je récolte, le miel, la cire, le pollen et la propolis.

Le syndicat et toi

Depuis combien de temps es-tu adhérent·e de la FFAP ?

Le début je crois

Comment y es tu arrivé·e ?

Ma première réunion je l’ai vécue en tant que stagiaire reprise d’exploitation et maintenant c’est moi qui emmène les stagiaires.

Qu’attends-tu d’un syndicat comme la FFAP ?

Ce qu’il fait.

Es-tu satisfait·e du travail effectué par la FFAP ? Qu’est-ce qu’il faudrait améliorer selon toi ?

Oui, RAS.
C’est a moi en tant de m’investir plus. J’ai du mal à trouver ma place dans un groupe (c’est perso, mais j’y travaille ;) et par conséquent dans les discussions des différents dossiers. Je lis et me tiens au jus, je suis « ready » si besoin pour faire des taches précises. Ma vie est précaire et par conséquent j’ai une surcharge de taches quotidienne. Bref je vis au jour le jour, encore jusqu’en 2020.

Quelle type d’action souhaiterais-tu se voir développer à l’avenir au sein de la FFAP ?

Des actions de terrain. Je donne un exemple :
J’ai une grosse envie d’investir dans un pulvérisateur et d’aller pulvériser chez les nuciculteurs de l’eau sucrée… Comme si s’était eux la mouche du brou de nos ruches… Ou encore d’offrir une ruche genre emballée avec un ruban a chaque agriculteur avec un petit mot « défi garde la en vie »
Je pense aussi qu’il pourrait être intéressant de développer le soutien juridique aux apis qui souhaiteraient engager des poursuites en cas de mortalités.

Actualité de la filière

  • MAEC : Courrier commun au Président de la République

Sous l’impulsion de l’Unaf, la FFAP et d’autres organisations syndicales apicoles et agricoles ont co-signé un courrier au Président de la République pour alerter sur la situation des versements des Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) apicoles qui pour certain·es apiculteurs et apicultrices n’ont pas été versées depuis 2016(!).

MAEC : Courrier commun au Président de la République

Pour lire ce courrier c’est par ici sur le site de la FFAP.

Apiculture et environnement

  • Jean-Marc Bonmatin : « l’immense majorité des pesticides ne servent pas à grand-chose »

Évidemment vous n’allez pour la plupart pas apprendre grand chose mais ça fait toujours du bien d’entendre ces propos et ça permet d’avoir des arguments pour contrer les pro-pesticides.

« Depuis plusieurs décennies, les pesticides, dont les néonicotinoïdes, sont responsables de l’érosion de la biodiversité, et en particulier de la diminution des populations des pollinisateurs, dont les abeilles. Jean-Marc Bonmatin, chargé de recherche au CNRS d’Orléans, travaille sur l’action des neurotoxiques chez les abeilles. Il étudie et dénonce l’impact sur le vivant des substance neurotoxiques employées dans l’agriculture. Il revient dans cet entretien sur la manière dont sont homologués et mis sur le marché ces produits. »

Lire la suite par ici.

  • Langouët : le maire de la commune interdit les pesticides près des habitations

Un exemple à suivre !

« Le maire de la petite commune de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff, a pris samedi un arrêté interdisant l’utilisation de pesticides près des habitations ou locaux professionnels, a-t-il annoncé au cours d’une manifestation. »

Lire la suite sur le site de France 3 Ille-et-Vilaine.

  • Action de quatre associations militantes au siège de Bayer-Monsanto

« Vers 8 heures ce mercredi matin, une cinquantaine militants d’Attac, de la Confédération paysanne, d’Extinction Rébellion et de RadiAction se sont introduits au siège de Bayer - Monsanto afin de dénoncer l’impact des produits de la multinationale sur la biodiversité. »
Lire la suite ici.
Et surtout sur le site d’ATTAC le récit de l’action.

Pour aller plus loin

  • Les experts européens l’affirment : les nouveaux OGM sont traçables

« Peut-on techniquement détecter et tracer les OGM issus de nouvelles techniques de mutagénèse ? Et cette possibilité technique dépend-elle de la volonté politique de les détecter et de les tracer ? Ces questions ne sont pas anodines car elles résument bien l’état du débat qui agite les couloirs de l’Union européenne. Un récent rapport des experts européens donne des arguments aussi bien à ceux qui affirment qu’il n’est pas possible de tracer les nouveaux OGM qu’à ceux qui affirment que cela est possible, pour peu que l’Union européenne le veuille. »

Lire la suite sur InfOGM.

  • L’arrêt de la Cour européenne sur les « nouveaux OGM » attaqué

« Le Commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, a pris position contre l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 25 juillet 2018. Une prise de parole qui en dit long sur l’état du débat actuel avec la montée en puissance des lobbies pro-OGM face à cet arrêt. Une prise de position empreinte d’approximations que le journal Euractiv a repris sans recul [1]. »

Lire la suite sur le site d’InfOGM.

  • McDonald’s ouvre des restaurants pour les abeilles

Monde de merde...

« McDonald’s lance des restaurants miniatures à la destination d’une nouvelle clientèle : les abeilles. Avec cette version réduite de son restaurant emblématique, la chaîne de fast food veut attirer plus de 100 d’entre elles chaque jour. Drive, toit plat, structures en bois, murs verts et grandes tables d’extérieures, ces mini-restaurants ont tout du design original. À l’intérieur, c’est pourtant bien une ruche opérationnelle créée pour préserver les dernières abeilles. »

Lire la suite (si vous en avez envie ce n’est vraiment pas forcément très utile) sur le site d’Étapes.

Guillermo Wolf Contact/Coordination FFAP
Contact par téléphone aux horaires suivants :
Le lundi 8:30-17:00 mardi, mercredi et vendredi 8:00-11:00 et le jeudi 8:00-10:00