Fédération Française des Apiculteurs Professionnels

 

Le Langon, le 18 novembre 2015

 

M. Marc Mortureux

Directeur général de l’Anses

14, rue Pierre et Marie Curie

94700 Maisons-Alfort

 

Lettre recommandée avec A/R.

 

Monsieur le Directeur,

 

Le Gouvernement français a suspendu sur la période 2014-15, et ce conformément à un règlement européen, un nombre limité d’usages de trois substances néonicotinoïdes : l'imidaclopride, le thiaméthoxam et la clothianidine.

 

Par la voix de Madame S. Royal, ministre de l’Ecologie, il a annoncé en juin dernier, son désir de voir ce moratoire reconduit au-delà de son terme fixé à fin 2015, quitte à l’étendre à certains usages des deux autres substances néonicotinoïdes : le thiaclopride et l’acétamipride.

 

Nous savons d'ores et déjà que cette extension ne diminuera guère le risque des néonicotinoïdes pour nos abeilles, étant entendu qu'à l'image du moratoire 2014-15, son champ d'action laisserait intacte un ensemble exorbitant d'usages et de spécialités [i].

 

Nous avons d’ailleurs été étonnés d’apprendre qu'en août dernier vous avez accordé au bénéfice de NUFARM SAS, de nouvelles AMM pour des spécialités à base d’imidaclopride, à savoir Matrero et Nuprid 600 FS, pour traiter les semences de céréales à paille et de betteraves.

Nous le sommes d’autant plus que la spécialité Matrero est l’équivalent du Férial (Bayer SAS), au sujet duquel nous avertissions dans notre courrier du 17 août 2015 demeuré sans réponse de votre part, de pratiques frauduleuses ou tout au moins hasardeuses.

 

Par la présente nous vous invitons à vérifier auprès de vos experts, s’ils ont pris connaissance des publications parues ces toutes dernières semaines, traitant des risques que représentent les néonicotinoïdes pour nos abeilles domestiques et les abeilles sauvages.

 

Il s’agit en particulier de trois publications qui éclairent mieux que jamais avant, comment les pollinisateurs sont exposés aux néonicotinoïdes par des voies et à des niveaux jusqu'ici insoupçonnés. Une quatrième publication constate le risque inacceptable pour les reines de nos colonies d'abeilles, en termes de survie et de reproduction d'ouvrières [ii].

Ne pas tenir compte de ces nouvelles connaissances, mettrait à mal la pertinence de l'expertise que l'Anses, à la lire, veut indépendante, actualisée et exhaustive.

 

S’ajoutant aux centaines qui sont déjà parues sur le sujet, ces publications doivent convaincre que l’absence d’effets néfastes n’est plus garantie, obligeant à des mesures de retrait ou de modification substantielle des AMM nationales, telles qu’autorisées par le règlement  (CE) N° 1107/2009.

 

Dans l'attente d'une réponse et d'une suite appropriées à ce courrier, recevez, Monsieur le Directeur, l'assurance de notre considération distinguée

 

 

Pour la porte parole de la Ffap,

Marie-France ROUX

 

Le coordinateur, Gaël MALEK

 

Contact:

Philippe Vermandere

8 route de Fontenay

85370 Le Langon

Tél: 02 51 52 80 65

 

[i] Cf. le document joint : ʺDifférentes spécialités à base de substances néonicotinoïdes actuellement autorisées en Franceʺ

[ii] Cf. : annexe à ce courrier : Publications très récentes en lien avec le sujet « néonicotinoïdes et abeilles »

 

 

Fédération Française des Apiculteurs Professionnels

contact / coordination: Gaël Malek -

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L’Anses s’est autosaisie en 2012 sur la question des co-expositions des abeilles à différents facteurs de stress et leur rôle respectif dans les phénomènes d’affaiblissement, d’effondrement ou de mortalité des colonies d’abeilles, l’accent étant mis sur les interactions entre ces facteurs.

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