Loi Duplomb 2 : pourquoi les apiculteurs s’alarment

Les apiculteurs alertent aujourd’hui sur les conséquences de la loi dite « Duplomb 2 », qui pourrait permettre le retour de certains pesticides pourtant connus pour leurs effets sur les pollinisateurs.

Alors que des millions de citoyens se sont exprimés contre ce texte, celui-ci pourrait être réintroduit dans un projet de loi agricole plus large, sans véritable débat démocratique. Pour les apiculteurs, cette méthode est incompréhensible et dangereuse.

Contrairement à la première loi Duplomb, qui concernait principalement des cultures comme la betterave ou la noisette, cette nouvelle version toucherait des cultures comme la pomme ou la cerise, où les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation. Les substances concernées représentent donc un risque accru pour les pollinisateurs et, plus largement, pour la biodiversité et la sécurité alimentaire. Contrairement à la première loi Duplomb, qui concernait principalement des cultures comme la betterave ou la noisette, cette nouvelle version toucherait des cultures comme la pomme ou la cerise, où les abeilles jouent un rôle essentiel dans la pollinisation. Les substances concernées représentent donc un risque accru pour les pollinisateurs et, plus largement, pour la biodiversité et la sécurité alimentaire. L’acétamipride, notamment, appartient à la famille des néonicotinoïdes, interdite ou fortement restreinte en raison de ses effets sur les pollinisateurs et les écosystèmes. Cette molécule figure parmi les plus toxiques utilisées en agriculture. Persistante dans l’environnement, elle ne reste pas confinée à la parcelle traitée : elle contamine les sols et sa vie biologique, l’eau et la faune aquatique, l’air et les insectes non cibles.

Chaque jour, les apiculteurs constatent sur le terrain des colonies plus fragiles, des pertes de ruches et une baisse des ressources disponibles pour les abeilles. Ils observent également les effets du dérèglement climatique, de la raréfaction des fleurs et de la pression croissante exercée sur les écosystèmes.

Pour les professionnels de la filière, le débat ne doit pas opposer économie et écologie. La souveraineté alimentaire ne peut pas se construire au détriment de la santé publique, des pollinisateurs ou de la qualité des sols, de l’eau et de l’air. Les apiculteurs rappellent également que les difficultés économiques de l’agriculture ne se résument pas à l’usage de pesticides, mais concernent aussi les prix de vente, les marges des intermédiaires et la répartition de la valeur.

Les abeilles sont essentielles à une grande partie de notre alimentation. Pourtant, elles n’ont pas de voix.

L’air, l’eau et les sols qui entourent les parcelles agricoles n’appartiennent ni aux producteurs ni aux industriels. Ce sont des biens communs, qui doivent être protégés par des règles collectives. Au-delà de ses conséquences agricoles, ce projet de loi soulève également une question juridique et démocratique majeure. Pour de nombreux opposants, il s’oppose au principe de précaution inscrit dans la Constitution française, dès lors qu’il vise à réintroduire des substances dont les risques pour l’environnement et la santé restent insuffisamment maîtrisés.

Les apiculteurs appellent donc à un débat transparent, au respect de l’avis citoyen et à une véritable protection du vivant. Ignorer les signaux envoyés par les abeilles serait une faute. Y répondre est aujourd’hui une urgence.

Les apiculteurs ne veulent pas payer, une fois de plus, les raccourcis techniques et économiques d’une agriculture destructrice au service de l’industrie. Quarante ans de lutte et 2000 publications scientifiques plus tard, cette famille de molécule est interdite en France pour de bonnes raisons.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut